Débuter & progresser

Course à pied : apprendre avant de commencer

Débuter la course à pied : pourquoi j’ai décidé de faire du sport.

Je garde un souvenir assez précis de ma première sortie en course à pied. Ceci, bien qu’il se soit écoulé quelques années depuis.
C’était le lendemain de mon anniversaire. Je venais tout juste de fêter mes 34 ans et je sortais d’une période extrêmement faste. Pleinement épanoui personnellement et professionnellement, j’avais décidé de m’attaquer à un sujet qui me préoccupait l’esprit depuis de nombreuses années : mon surpoids.

J’ai longtemps observé une réelle honte à mon apparence physique que l’on ne pouvait qualifier autrement que par « obèse » médicalement parlant et « grosse » socialement parlant. Je n’utilise pas ce mot à la légère. Je l’ai souvent entendu dans des phrases difficiles à entendre pour toute personne ayant à gérer des problèmes de poids. Parfois, ces propos m’étaient directement adressés. D’autres fois, je n’étais que le témoin impuissant d’attaques destinées à d’autres. Mais dans les deux cas, elles sont difficiles à encaisser. Il est toujours si facile de s’attaquer au physique…

Bref, je ne vous raconte pas cela pour dévoiler ici toute ma vie « d’ex-gros ». Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur pourquoi et surtout comment j’ai réussi à perdre plus de 20 kg (après stabilisation) sans recourir à aucun régime, je vous invite à découvrir le premier épisode de ma Running Story.

Non, si je vous raconte ça, c’est pour appuyer sur un aspect très important du « comment j’ai débuté la course à pied » en commençant par…. ne pas courir tout de suite !

Et oui, il va se passer plusieurs mois entre le moment où je prends la décision de courir et celui où j’aurais été prêt physiquement pour le faire.

Débuter la course à pied : pourquoi ce sport (et pas un autre).

Je n’ai jamais fait de sport, ou presque !

Lorsque je raconte mon histoire, j’ai coutume de dire que je n’ai jamais fait de sport de ma vie avant de me mettre à la course à pied en 2013. Ce qui est une forme de demi mensonge. En effet, j’ai bien fait partie d’une équipe de foot durant une demi-saison lorsque je n’avais pas tout à fait 15 ans mais j’ai d’avantage rempli les gourdes et ciré le banc que véritablement joué.

Pourquoi seulement une demi-saison ? Parce que j’ai eu l’opportunité de débarquer pour mon premier entraînement un soir de novembre. Et le coach était bien trop occupé à fumer cigarette sur cigarette pour s’apercevoir que j’avais un vrai déficit général en matière de football. Ça, c’est ce qui m’a permis de passer le cap de l’essai.

Évidemment il sera difficile de cacher mes failles footballistiques très longtemps et, au fil des semaines, j’ai fini par être démasqué. Et comme la pédagogie est un art pas forcément maîtrisé par tous les éducateurs de football, mon coach m’a non seulement refusé un renouvellement de licence mais de plus, il m’a fortement conseillé d’oublier tout projet dans le sport. Passons…

Quelques années plus tard, j’ai bien couru quelques semaines en compagnie de mon amie Cindy. Mais Cindy, c’est une touche à tout. Et son goût du challenge et du dépassement vont rapidement créer un écart de niveau important entre nous. Ce qui suffira à mettre ma motivation à mal assez rapidement puisque j’aurais dû trouver seul la motivation de continuer de mon côté.

Le choix de la course à pied.

Nous sommes donc début juillet 2013, et je viens de fêter non seulement mon anniversaire mais aussi une très belle victoire d’étape sur mon challenge en perdant mes 15 premiers kg en 5 mois au lieu des 9 convenus initialement avec mon médecin traitant.

Sur ce constat, je décide donc d’attaquer la 3e phase de mon challenge en me mettant au sport. Je pourrais vous développer un long et bel argumentaire sur pourquoi j’ai choisi la course à pied mais ce ne serait pas honnête. Ce choix a tout d’un accident. Une sorte de choix par défaut. Un choix sur la facilité.

Vu de l’extérieur, la course à pied :

– Paraissait simple d’accès.
– Ne nécessitait pas d’investissement particulier.
– Pouvait à priori se pratiquer à n’importe quel moment du jour ou de la nuit.
– Ne m’était pas tout à fait inconnue.

Cette analyse basique s’est suffi à elle-même pour me convaincre de choisir ce sport sans même en envisager sérieusement un autre.

Débuter la course à pied : deux prérequis importants si vous n’avez jamais fait de sport ou presque.

Évidemment, si on s’en tient à la méthode que j’ai employé pour choisir mon sport, on peut se dire que le risque d’échec était important.
Avec le recul et en se concentrant uniquement sur l’aspect du choix, la réponse est oui. Incontestablement. Si la seule question que vous vous posez est « quel sport je vais pratiquer » et que les arguments que vous retenez sont essentiellement liés à la facilité, le risque d’échec est forcément extrêmement important. Mais sans en être conscient, j’avais déjà coché 2 autres critères essentiels pour que les choses se passent bien.

Ces deux critères expliquent en bonne partie ma première « victoire ». Cette victoire, c’est le fait de n’avoir pas relâché mes sorties running (je ne peux alors pas encore parler d’entraînement) avant de me blesser une première fois plus d’un an plus tard en changeant quelques autres habitudes. Et encore, ce n’était même pas en courant.

1) Le premier facteur : mon excellent état de forme général.

Un petit test simple pour commencer.

En effet, après 5 mois d’une alimentation très bien calibrée, variée et équilibrée, mon corps s’était débarrassé d’un certain nombre de contraintes. À commencer par une bonne partie de son surpoids. Si vous en avez la possibilité, je vous invite à faire une pause dans la lecture de cet article et à vous rendre dans votre cuisine ou votre réserve alimentaire. Je sais que ce n’est plus si courant, mais si vous avez acheté un grand sac de pommes de terre de 15 ou 20 kg, prenez-le à bras le corps et marchez quelques mètres en le portant.
Si vous n’avez pas de sac de pommes de terre, prenez 2 packs d’eau, un dans chaque main. Vous pouvez compter environ 9,5 kg pour un pack de 6 bouteilles de 1,5 litres.
Une fois ce test réalisé, reprenez la lecture de cet article. Je vous invite vraiment à faire ce test, particulièrement si vous pensez vous mettre (ou vous remettre) au sport.

Après ce test, n’importe qui peut comprendre qu’il sera beaucoup plus facile de se déplacer, même sans faire de sport, si l’on pèse quelques kilos de moins. Marcher, monter des escaliers, sortir du lit. Toutes ces actions du quotidien et bien d’autres demandent forcément beaucoup moins d’énergie si nous avons un poids corporel cohérent. À contrario, c’est beaucoup plus difficile s’il faut exécuter les mêmes gestes avec un bon, voir un gros surpoids. Je ne parle même pas de l’impact sur l’usure de votre corps : vos articulations, vos tendons, votre cœur, votre foie ! Tout vieillit à vitesse grand V.

Une comparaison mécanique évidente.

À présent, faisons une comparaison pour comprendre un principe mécanique.
Vous partez en vacances en famille et vous avez retenu comme moyen de transport : votre voiture !
Tout le monde sait que plus on roule vite, plus la consommation d’essence est importante pour un même nombre de km parcourus. Évidemment, il y a quelques aspects qui peuvent contredire ça jusqu’à une certaine vitesse. Mais en général, au-delà de 110 km/h, vous consommez d’avantage d’essence pour le même nombre de km parcourus. S’il y a d’autres avantages que l’on peut retirer à rouler vite, ils ne sont pas sans conséquences. Voir pas forcément sans danger.

En course à pied, c’est pareil. Plus tu cours vite, plus tu auras besoin d’énergie pour parcourir la même distance.

De l’énergie pour avancer mais aussi pour pousser !

Pourtant, si vous décidez de rouler à la vitesse optimale de votre véhicule en adoptant une conduite souple et économique, avez-vous la garantie d’avoir besoin de mon d’essence ?
À priori, la réponse semble être oui.

Sauf que si vous avez chargé 400 kg de bagages et de passagers pour faire la route (avec votre surpoids et la belle-mère, ça peut aller vite), votre voiture va bien devoir consommer un peu plus d’essence pour vous amener à bon port. Il faudra aussi gonfler un peu plus les pneus. Et si vous voyagez en été, il faudra même changer le type de produit lave-glace que vous utilisez et veiller à en faire le plein.

Bref, c’est toute la machine qui sera d’avantage sollicitée et qui va s’user un peu plus vite.

Les bonnes nouvelles.

Bonne nouvelle : votre corps fonctionne exactement de la même façon ! La petite différence, c’est que vous avez moins de marge pour vider la voiture (quoi qu’on puisse réfléchir à laisser belle-maman à la maison) que de vider votre corps avant de prendre la route.

Autre bonne nouvelle : le corps humain est une formidable machine qui peut se réparer en beaucoup d’endroits même après de nombreuses années d’excès.

2) Le second facteur : du changement, pas une révolution.

Pour mémoire.

Pour ceux d’entre vous qui ont déjà perdu du poids (que vous l’ayez repris ou pas), je voudrais vous rappeler à vos souvenirs sur la réaction de votre entourage.
Vous avez certainement souvent entendu des phrases du type « qu’est-ce que tu as changé », « ça te change » ou « tu es différent » pour marquer leur admiration face à vos résultats. Ceci, quelle que soit la méthode employée pour perdre du poids.

Pour en savoir un peu plus sur votre secret, les gens vous demandent surtout « ce que tu as fait » ou « ce que tu as changé ».
Maintenant, je vous invite à chercher dans vos souvenirs si quelqu’un vous a demandé « quelle révolution as-tu mené ». Réfléchissez bien. Vous vous en souvenez ? Non ? Probablement pas, en effet. Il est extrêmement rare que cette question soit posée par ceux qui s’intéressent à vos résultats.

Le moment clé pour moi.

Moi, j’ai décidé de faire du sport uniquement parce que mon médecin généraliste me l’a recommandé à un moment donné. Il m’en a parlé tôt lorsque nous avons parlé de mes motivations à perdre du poids mais il m’a également mis en garde sur l’ordre dans lequel il fallait faire les choses. Et il a encore d’avantage insisté sur la nécessité de maîtriser l’ensemble de mes actions en permanence.

L’exemple du petit déjeuner.

En théorie, c’est compliqué.

Avant de perdre du poids, je ne prenais jamais de petit déjeuner. Je ne vais pas vous expliquer ici toute la stratégie employée sur cette question. Cela mérite un article à part entière et je mettrais un lien ici une fois qu’il sera rédigé, dans les semaines à venir. Mais pour faire simple, je ne pouvais rien avaler le matin avant d’aller au travail, excepté un café.

En réalité, les choses sont moins complexes. Il est plus simple de se mettre au petit déjeuner et de ne jamais en perdre l’habitude que de se mettre au sport et de ne jamais arrêter (même avec une seule activité par semaine).

Là, mon médecin m’a fait une remarque simple. Il n’est pas impossible d’y arriver sans prendre de petit déjeuner. Mais sans cela, la somme d’efforts qu’il faudra faire pour obtenir le même niveau de résultats sera bien plus importante. Il ne s’agit pas de révolutionner les choses : tu as déjà l’habitude de manger. Tu le fais tous les jours et même plusieurs fois par jour. Il suffit juste d’apporter une modification dans cette habitude.

D’ailleurs, la nutrition sportive restera un point fondamental de vos performances en course à pied, quels que soient vos objectifs, quel que soit votre niveau. En attendant de vous faire un retour de ma propre expérience sur le sujet, je vous invite d’ailleurs à aller lire l’excellent article de Nicolas sur son blog Running Addict.

Ce que j’ai appris.

Ce que j’ai compris avec cette histoire de petit déjeuner, c’est qu’au-delà d’avoir eu une mauvaise habitude depuis plus de 30 ans, il fallait éviter les révolutions.
Quand ça fonctionne, une révolution peut être belle et pleine de réussites. Mais en général, les révolutions font des dégâts. De nombreux et douloureux dégâts qui ne sont pas toujours évidents à réparer.
Je ne dis pas que vous ne devez pas vous lancer de défis. Bien au contraire. Si vous en avez envie, faites-le. Et je vais faire de mon mieux pour vous y aider concernant la course à pied. D’ailleurs, je me suis moi-même fixé un nouveau challenge il y a quelques jours.

Conclusion.

Soyez conscients de ce dans quoi vous vous lancez. Posez-vous les bonnes questions, allez-y étape par étape.

Mais surtout, n’opérez aucun changement si vous ne pouvez pas répondre par un oui à la question suivante : si je fais ça, est-ce que je peux le tenir pour le reste de ma vie ?

Et vous verrez que ce n’est pas toujours évident. Fixez-vous des objectifs ambitieux mais atteignables. Et ayez un objectif précis même avant votre première sortie course à pied. Ça change tout !

Cassiusboro.

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